Le doctorat impromptu
Éditions LLF - Collection : L'enfer de la LLF - octobre 2010
A paraître
Présentation
Le Doctorat impromptu compte parmi les romans les plus célèbres du chevalier Andréa de Nerciat. N’avouant pas en être le véritable auteur, il use d’un subterfuge très répandu dans la littérature libertine. En effet, il prétend que son roman est la copie de deux lettres d’Érosie à Juliette trouvées par un valet d’auberge et qui auraient circulé de mains en mains avant d’arriver jusqu’à lui. Trouvé, le manuscrit aurait uniquement été annoté, pour une plus grande clarté, et publié tel quel par celui qui ne se présente que comme son éditeur.
Quelle est « cette étrange anecdote » qui a suscité autant d’amusements de la part de tous ceux qui l’ont relayée ? Les missives d’Érosie à son amie de couvent racontent comment l’attente imprévue de son futur mari devient l’occasion de guérir sa haine des hommes en la personne d’un jeune vicomte chapeauté par un vieil abbé libertin. C’est de manière impromptue qu’elle se retrouve coiffée du bonheur de docteur en libertinage. Le heureux hasard finit par avoir raison de ses premières réticences. « Sottise, à la bonne heure ; mais j’ai bien eu du plaisir » conclue-t-elle ses confessions.
En quoi la jeune Érosie est-elle devenue plus docte ? Elle apprend, grâce à ses rencontres opportunes, que, derrière le mot et le mythe de l’amour à la Platon, se cache la réalité du plaisir physique. Si elle a pu résister un temps au nom des promesses saphiques faites à sa tendre Juliette, Érosie comprend bien vite qu’il est inutile de lutter contre sa disposition naturelle au plaisir des sens. L’amour comme jouissance sexuelle se conçoit par sa pratique, loin de toute forme de sentiments. Comme dans la philosophie épicurienne, le plaisir est consacré comme la seule formule du bonheur. Telle est la véritable leçon de philosophie que nous livre Nerciat par la voix de son héroïne et qu’il nous incite à suivre dans le but de l’obtention d’un même doctorat en plaisir.
Si, par prudence, Nerciat se cache d’être le véritable auteur de ces lettres érotiques, cet artifice littéraire est le moyen de mettre à jour une confidence féminine en première personne à destination d’une autre jeune femme, figure de la lectrice ingénue. On assiste donc à un renversement du monde le plus souvent masculin d’écrivains et de lecteurs de la littérature libertine. Le Doctorat impromptu nous donne à voir le plaisir féminin, fût-il écrit par un écrivain masculin, en toute indiscrétion et en toute précision. Par effraction, le lecteur devient le confident et le voyeur des aventures de la jeune Érosie qui l’initie au secret du plaisir des femmes. A cet effet, le discours érotique de Nerciat restitue, avec une grande finesse, la sincère curiosité de la jeune femme comme sa volupté finale non sans une touche d’humour à destination de son heureux lecteur qu’il met joyeusement dans la confidence pour un gai savoir érotique.
Supports disponibles
-
eBook
- Caractéristiques
PDF
MP3

